JE DORS DOGNE…
Paroles : Richard Aubert Musique : Richard Aubert
Moi j’habite quelque part en Dordogne,
Et c’est vraiment très « Petcharmand »,
D’habiter un beau village dans le Périgord,
Dans le beau pays de l’homme…
La vie ici coule très doucement,
Le long de cette rivière bien tranquille,
Où fredonnent au firmament,
Les rêves les plus dociles…
Malgré la beauté des paysages,
Les choses me ramènent souvent à la vie,
Je n’ai pas un rond, et j’ai la dalle,
Pas de travail, à la dérive…
Et le plus terrible n’est pour moi,
D’être au RSA ou au RMI,
C’est que j’chuis perdu sans espoir,
Alors je regarde le monde qui défile…
Y en qui dorme,
Y en a qui dîne,
Y en a qui flope,
Y en a qui flippe,
Y en a qui cogne,
Y en a qui slipe,
Moi simplement,
Je dors dogne…
Quelque part du côté de Bergerac,
Pas très loin de la vieille ville,
Y a qui sont ronds comme des sacs,
A cuver leur vin au fond de leur lie…
Faut dire qu’ici le pinard est un nectar,
Ce n’est pas de la limonade ou du chianti,
Et avec les bons produits du terroir,
Un Monbazillac ça vous tue l’ennui…
Pendant que moi j’ai très très soif,
Et pas l’ombre d’une tune qui brille,
Oh, j’fais bien la manche avec ma guitare,
Mais ça ne marche plus, bonjour la crise…
Arrive parfois qu’une bonne âme,
Qui me jette une pièce qui vibre,
Mais je fais quand même attention au ressac,
Aux flics et à mon permis…
Y’en a qui dorme,
Y’en a qui vive,
Y’en a qui morde,
Y’en a qui rit,
Y’en a qui cogne,
Y’en a qui crie,
Moi simplement,
Je dors dogne…
Mais qui est donc ce philosophe,
Cet intello, cet imbécile,
Qui a écrit sans vergogne,
Ce vieux dicton débile…
Il Parait que quand on dort, on dîne,
Il Parait que l’on dîne quand on dort,
C’est impeccable pour la forme,
Et super bon pour le régime…
Demande donc un petit’ peu à mes potes,
Et à mes copines de petites vertus,
Avec leur estomac qui les talonne,
Et qui crèvent doucement dans la rue…
Si vraiment on dîne quand on dort,
Si vraiment on dort quand on dîne…
Et quand la vie trinque avec la mort,
Qui prend soin de notre tragédie… ?
Y’en a qui dorme,
Y en a qui ne dîne pas,
Y en a qui dîne,
Y en a qui ne dorme pas…
Y en a ce n’est pas vraiment la joie,
Que de vivre ici-bas,
Mais moi simplement…
Je dors dogne…
Mais j’ai beau dormir comme une marmotte,
J’ai toujours le ventre aussi vide,
Pour moi c’est un vrai sacerdoce,
Mais que faire quand t’as pas un radis…?
La faim te torture comme une salope,
Elle ne te fera jamais crédit,
Alors hommes stupides,
Arrêter vos proverbes débiles…
Faut dire qu’il y en a vraiment marre,
De tous ces salops, ces démagos,
Toujours les mêmes, depuis un bail,
Et qui se partagent le magot…
Pendant que nous autres on a plus de rêve,
On vivote ou bien on crève,
On doit tout juste fermer nos gueules,
Mais c’est bien normal, quand on est prolo…
Y en a qui dorme,
Y en a qui dîne pas,
Y en a qui crève,
De rien avoir,
Pendant que d’autre,
Se simplement se gavent,
Moi simplement,
Je dors dogne…
Mais un jour faudra bien que je sorte,
Complètement de ma léthargie,
A force de voir ces cons sans uniforme,
A accepter tout, sans rien dire…
Et faire de nous des copies conformes,
Aux imbécillités de la vie,
C’est plus facile pour les réformes,
N’est-ce pas monsieur Sarkozy… ?
Mais finit pour moi que je dorme,
Même si j’ai l’estomac vide,
Pas question pour moi que je démissionne,
Je reprends mon vieux fusil de 68…
Finit du pouvoir qui nous assomme,
Avec toutes ses combines et sa haine,
A bas le pouvoir qui nous crève,
Vive le combat, vive l’anarchie…
Y en a qui lutte,
De désespoir,
Y en a que ça,
Ne les concerne pas,
Comme d’habitude,
Y en a qui ont « les fois »,
Moi simplement,
Moi je dors dogne…
J’ai hissé mon pavillon noir,
Celui des pirates et des anars,
Révolution réveille-toi,
T’as toujours été ma copine…
Dans les plus terribles jours de ma vie,
T’as été toujours de la partie,
Mais rassure-toi aujourd’hui,
Moi je ne dors dogne plus…
Je fais comme mon chien bouledogue,
J’ai bien affûté mes canines,
Enfin prêt à tous les mordre,
Plus rien à perdre dans cette vie…
Car après avoir pris le pouvoir,
Ils ont encore tout donné aux riches,
Ils nous ont même volé l’espoir,
Qui nous restait dans nos tirelires…
Y en a qui prie,
Dans le noir,
Un bon Dieu,
De désespoir,
Moi y a longtemps,
Que j’ai cessé d’y croire…
Moi maintenant…
Je dors grogne…
Je dors grogne…
Je dors grogne…
A suivre…
Copyright 2010 © Richard Aubert
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